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Mars 2008 - Les débuts de la crise en Amérique Latine
Written by admin on 5 mars 2008 – 2:05
Porte-parole des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et ministre des affaires étrangères de cette organisation d’opposition armée, le commandant Raúl Reyes est mort, le 1er mars, en territoire équatorien (à moins de deux kilomètres de la frontière). Contrairement à ce qu’a affirmé dans un premier temps le président colombien Alvaro Uribe à son homologue équatorien Rafael Correa, il n’y a eu aucun affrontement entre le groupe de guérilleros qui accompagnait Reyes et l’armée colombienne. Ils ont été victimes, pendant leur sommeil, d’une « bombe intelligente » de technologie américaine larguée par un avion ayant violé de dix kilomètres — revenant sur son objectif par le sud — le territoire équatorien. Pénétrant également dans le pays voisin, un commando héliporté a parachevé le travail — le président Correa évoque un « massacre » —, emportant le seul corps de Raúl Reyes, comme un trophée.
Parvenue sur les lieux, l’armée équatorienne a trouvé, dans un campement provisoire, les corps des seize autres guérilleros en pyjama, ainsi que deux guérilleras blessées.
Raúl Reyes appartenait au secrétariat des FARC, l’instance dirigeante de cette organisation. Des sept hommes le composant, il était le plus vulnérable parce que le plus exposé. Ses contacts avec les journalistes et les émissaires négociant la libération des « prisonniers politiques » et des otages de la guérilla l’obligeaient à séjourner régulièrement dans la partie du Putumayo proche de la frontière équatorienne. Aucun service de renseignement, qu’il soit américain ou colombien, ne pouvait l’ignorer. Reyes connaissait les risques et les avait acceptés.
Plus qu’une victoire militaire — Reyes était un cadre politique —, il s’agit là d’un coup très dur porté aux tentatives menées pour résoudre la question de l’échange humanitaire — prisonniers des FARC contre guérilleros — demandé depuis des années par les FARC, les familles des otages, dont celle de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, et de nombreux représentants de la communauté internationale (parmi lesquels le président français Nicolas Sarkozy). Là était l’objectif de cette action.
Alors que le président Uribe refuse obstinément cette négociation, les efforts déployés par la sénatrice colombienne Piedad Cordoba (Parti d’opposition à Uribe, droite) et le président vénézuélien Hugo Chávez (gauche) venaient de porter leurs fruits. Six otages civils ont été libérés unilatéralement et sans conditions par les FARC. Ce geste d’ouverture plaçait en situation difficile Bogotá qui, dans sa logique guerrière, et en phase avec Washington, s’obstine à qualifier les FARC de groupe « terroriste », type d’organisation avec lequel aucun gouvernement ne saurait négocier. Il s’agit également de mettre un terme aux efforts couronnés de succès de M. Chávez — lesquels mettent en évidence, dans cette affaire, la mauvaise volonté du président colombien.
Cette attitude de M. Uribe ne s’est jamais démentie. On rappellera l’arrestation, en janvier 2004, à Quito, du commandant des FARC, Simón Trinidad, au cours d’une opération de la police équatorienne, en lien avec les services de renseignement colombiens et américains. Mandaté par son organisation, M. Trinidad se trouvait à Quito pour y mener des conversations — entre autres avec la France et le représentant des Nations unies James Lemoyne — sur le thème de l’échange humanitaire. Ramené en Colombie puis extradé aux Etats-Unis, M. Trinidad vient d’y être condamné, au terme d’un procès politique, à soixante ans de prison.
De la même manière, et pour les mêmes raisons, le commandant Rodrigo Granda fut enlevé à Caracas, en décembre 2004, par les services colombiens et des gardes nationaux vénézuéliens grassement rémunérés (1).
Outre l’inquiétude qu’elle provoque quant à un dénouement positif pour les « prisonniers politiques » des FARC (on sait Mme Betancourt en très mauvaise santé), le viol délibéré du territoire équatorien par l’armée colombienne provoque une grave crise régionale entre Quito, qu’appuie Caracas, et Bogotá.
Maurice Lemoine
(1) M. Granda a été libéré depuis, à la demande du président Sarkozy. Après un passage par Cuba, il a rejoint la guérilla.
Tags: Colombie, equateur, Hugo Chavez, Rafael Correa, Raul Reyes, venezuela
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Terrorisme d’Etat en Colombie : Alvaro Uribe le dictateur
Written by admin on 4 mars 2008 – 19:07Après le 11 Septembre 2001, le prétexte de l’intervention états-unienne en Colombie, qui était au départ le combat contre les drogues illégales, est devenue le combat contre la terreur. Bien que les trois groupes armés colombiens étaient sur la liste états-unienne des organisations terroristes, il est vite apparu que l’organisation de gauche Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) serait la cible préférée du gouvernement Bush. Le fait que Washington limite sa guerre contre la terreur aux FARC est assez curieux étant donné que les forces pro-gouvernementales ont commis davantage d’actes de terrorisme contre la population civile que les guérillas de gauche.
Bien que le nombre d’homicides ait baissé de façon significative ces dernières années, c’est la baisse des assassinats criminels qui joue beaucoup dans cette réduction. Il n’y a guère eu de changement dans le nombre de morts de civils en rapport avec le conflit armé. Selon l’organisation colombienne CERAC (Centro de Recuros para el Analisis de Conflictos), les militaires colombiens et leurs alliés paramilitaires d’extrême droite pris ensemble sont responsables de 58% des assassinats de civils en rapport avec le conflit durant ces seize dernières années. Cependant Washington oriente sa guerre anti-terreur contre les FARC, organisation de gauche, à la suite du 11 Septembre.
Moins de trois semaines après les attaques terroristes contre New York et Washington, le sénateur démocrate de Floride Bob Graham a commencé une campagne pour présenter les FARC comme une menace terroriste internationale de grande importance : « Les FARC font la même chose que les terroristes qui agissent à l’échelle globale, c’est-à-dire, ils s’organisent en petites cellules qui n’ont pas de contact les unes avec les autres, et pour les attaques ils dépendent du financement et de la logistique d’un commandement central. C’est le même genre d’opérations que Ben Laden. »
En octobre 2001 le responsable du contre-terrorisme au département d’Etat des Etats-Unis Francis X. Taylor, dans le même esprit que le sénateur Graham, a déclaré que la stratégie de Washington pour combattre le terrorisme dans l’hémisphère occidental inclurait, « lorsque c’est approprié, comme nous le faisons en Afghanistan, l’utilisation de la puissance militaire ». Taylor a écarté les doutes quant à ce qu’il considère comme une cible « appropriée » en déclarant que les FARC « sont l’organisation terroriste internationale la plus dangereuse existant dans l’hémisphère occidental ».
Le patron de Taylor, le secrétaire d’Etat états-unien Colin Powell, avait pour sa part déclaré au Comité sénatorial chargé des relations étrangères que les FARC appartiennent à la même catégorie qu’Al Qaïda : « Il n’est pas difficile d’identifier [Osama ben Laden] comme un terroriste et de rallier tout le monde contre lui. Maintenant il y a d’autres organisations qui ont probablement les mêmes caractéristiques. Les FARC en Colombie nous viennent à l’esprit. »
A la fin du mois d’octobre 2005 le sénateur Graham réitérant ses accusations a déclaré que la Colombie devrait être le champ de bataille principal de la guerre à la terreur. Selon le sénateur de Floride il y a eu environ 500 incidents de nature terroriste commis dans le monde contre des citoyens ou des intérêts états-uniens durant l’année 2000, et « sur ces 500 incidents, 44% se sont produits dans un seul pays. Etait-ce l’Egypte ? Non. Israël ? Non. L’Afghanistan ? Vraiment pas grand-chose. Les 44% c’était en Colombie. C’est là que la guerre terroriste fait rage ».
Ce que Graham oublie de mentionner c’est que la grande majorité des attaques « terroristes » contre les Etats-Unis commises par les guérillas colombiennes consistaient en explosions de pipelines utilisés par les entreprises états-uniennes. En d’autres termes, les attaques visaient les intérêts des transnationales états-uniennes et non les civils états-uniens. En fait le sénateur floridien négligeait de signaler que ces attaques n’ont pas tué un seul citoyen états-unien en l’an 2000, l’année à laquelle Graham faisait référence.
La campagne de dénigrement contre les FARC s’est avérée payante lorsque le Congrès des Etats-Unis a approuvé une loi anti-terroriste avec un budget de 28 milliards en juillet 2002 comprenant une aide supplémentaire de 35 millions pour la Colombie. Cette loi supprimait au passage les conditions qui limitaient l’aide pour la guerre à la drogue aux opérations anti-narcotiques, permettant dès lors son utilisation dans les opérations contre-insurrectionnelles. L’année suivante, le gouvernement Bush a donné à la Colombie 93 millions de dollars en aide anti-terroriste et a déployé les Forces spéciales de l’armée états-unienne dans le pays sud-américain.
Le gouvernement Bush avait clairement désigné les FARC comme la principale menace terroriste internationale en Colombie. Cependant cela faisait aussitôt surgir deux problèmes. Premièrement les opérations militaires des FARC sont confinées à la Colombie ; et il est donc difficile de les considérer comme une organisation terroriste internationale étant donné qu’elles représentent une menace pour les intérêts politiques et économiques des Etats-Unis en Colombie et non sur le territoire états-unien. Le deuxième problème c’est le fait que le gouvernement Bush a ignoré la violence perpétrée par l’Etat colombien et ses alliés paramilitaires, lesquels sont nettement plus impliqués dans le narcotrafic que les FARC.
Globalement les acteurs armés en Colombie peuvent être classés en deux groupes : un groupe qui essaie de défendre le gouvernement et le statu quo politique et économique, et l’autre groupe qui cherche à renverser le gouvernement. Dans le premier groupe il y a les militaires et les paramilitaires d’extrême droite Autodéfenses Unies de Colombie (AUC), qui sont responsables respectivement de terrorisme d’Etat et de terrorisme soutenu par l’Etat.
Dans le deuxième groupe il y a les FARC et une autre force de gauche plus petite, l’Armée de Libération Nationale (ELN), dont les attentats contre les populations civiles peuvent être considérés comme des actes commis par des organisations terroristes. Sur la base de cette simplification des groupes armés aux prises dans le conflit colombien, les actes de terrorismes commis contre la population civile peuvent être divisés en deux catégories : pro-gouvernementaux et anti-gouvernementaux.
Selon la définition du terrorisme, l’emploi ou la menace de l’emploi de la violence contre des civils afin d’obtenir des avantages politiques, on peut déterminer le degré de violence contre la population civile perpétrée par chacun des acteurs armés. Cette analyse se concentrera dans un premier temps sur les assassinats, les kidnappings, les détentions arbitraires et les « disparitions » forcées depuis 2002, l’année où le gouvernement Bush a commencé à apporter une aide anti-terroriste à la Colombie et année où le président Alvaro Uribe est entré en fonction… Cette analyse ne prendra pas en compte les attaques contre les infrastructures et les autres cibles économiques qui ne provoquent pas de victimes civiles. Par définition ces attaques relèvent du délit de dégradation et non du terrorisme.
Selon le CERAC ces dernières années à peu près la moitié des attaques de la guérilla visent à entraver le déroulement de la vie économique colombienne, ce qui « suggère que les guérillas ne sont pas, comme on veut souvent le faire croire, uniquement intéressées par l’enrichissement basé sur le narcotrafic. Elles semblent vraiment rechercher le pouvoir politique, le pouvoir local à court terme et le pouvoir national à long terme ». De même l’envoyé spécial de l’ONU en Colombie James Lemoyne avait émis une mise en garde en mai 2003 selon laquelle il serait « erroné de penser que les membres des FARC ne sont que trafiquants de drogue et des terroristes », tandis que la distribution inéquitable de la richesse se traduit par le fait que 64% de la population vit dans la pauvreté.
Alors que les guérillas ont perpétré des attaques contre des non-combattants, les paramilitaires d’extrême droite en Colombie ont au cours de l’histoire tué plus de civils que les guérillas. De plus, selon le CERAC, la différence entre le nombre de civils tués par les paramilitaires et le nombre de civils tués par les guérillas a augmenté depuis 1998. La Commission Colombienne de Juristes (CCJ) a aussi souligné le fait qu’il y a plus de civils tués par les paramilitaires que par les guérillas. Par exemple, 6 978 personnes ont été tuées en raison du conflit durant la première année du gouvernement Uribe Vélez, ce qui fait 19 personnes par jour. La CCJ a établi que les paramilitaires étaient responsables d’au moins 62% de ces morts, plus du double de celles dont la responsabilité est attribuée aux guérillas.
Par ailleurs un rapport des Nations Unies, de février 2006, a souligné que le nombre de civils tués par les forces gouvernementales a augmenté durant l’année 2005. Beaucoup de ces morts étaient des exécutions extra-judiciaires commises par des soldats ou par des policiers qui souvent revêtaient les corps d’habits de guérilleros pour les présenter comme morts au combat. Le rapport des Nations Unies signale qu’ « on connaît des cas où les commandants eux-mêmes ont soutenu ce procédé qui consiste à habiller les victimes avec des vêtements de guérilleros pour cacher les faits en simulant un combat ».
Les attaques paramilitaires ont aussi fortement augmenté en 2005 et le chiffre a atteint le double de celui des deux années précédentes, malgré le supposé cessez-le-feu et la supposée démobilisation de 15 000 paramilitaires. Le CERAC souligne que l’augmentation des attaques paramilitaires « ne peut pas être attribuée à quelques groupes qui ne négocieraient pas leur désarmement et leur démobilisation avec le gouvernement. Au contraire, cela correspond globalement aux régions où sont implantés les groupes en négociation ».
La conclusion du CERAC indiquant que la violence paramilitaire augmente malgré le processus de « démobilisation » corrobore les études d’Amnesty International et d’autres organisations de défense des droits humains. En septembre 2005 Amnesty International avait noté que beaucoup de paramilitaires « démobilisés » s’étaient tout simplement restructurés et qu’ils continuaient leurs pratiques violentes. Cela est particulièrement inquiétant si on pense qu’Uribe Vélez a récemment déclaré que 15 000 ou 20 000 paramilitaires démobilisés travailleront bientôt comme des « auxiliaires civils » de la police et que leurs responsabilités incluront des patrouilles sur les routes et le maintien de l’ordre de façon générale.
Les chiffres ci-dessus mentionnés montrent clairement que les paramilitaires sont les principaux responsables des attentats fatals contre la population civile - tendance qui se poursuivra probablement vue l’augmentation des assassinats commis par les paramilitaires l’an passé. Si on regarde le nombre croissant de civils tués par les forces gouvernementales, le terrorisme d’Etat et le terrorisme soutenu par l’Etat pris ensemble sont responsables d’environ les deux tiers des assassinats de civils en rapport avec le conflit colombien.
Les forces pro-gouvernementales sont également responsables d’une grande proportion des « disparitions » forcées. Selon l’Association des familles des personnes détenues et disparues (ASFADDES), 3 593 personnes ont « disparu » par la force durant les années 2002 et 2003. Le département d’Etat des Etats-Unis a lui-même reconnu que « les paramilitaires sont responsables de la plupart des disparitions forcées ».
Par contre les guérillas sont responsables d’un plus grand nombre d’enlèvements que les paramilitaires. Selon l’ONG colombienne País Libre, 1 441 personnes ont été kidnappées en 2004. País Libre a déterminé que les organisations armées sont responsables de 41% des enlèvements, tandis que les 59% restants sont l’œuvre de criminels de droits communs et d’acteurs indéterminés. Les FARC étaient responsables de 22% des enlèvements, soit environ 320 cas. L’ELN de son côté était responsable de 9% des enlèvements et les paramilitaires de 10%.
L’un des aspects les plus troublants du terrorisme d’Etat pendant le gouvernement d’Uribe Vélez c’est la forte augmentation des détentions arbitraires, lesquelles rappellent celles qui se commettaient dans le Cône Sud dans les années 1970. Selon la coalition non gouvernementale colombienne CCEEU (Coordination Colombie-Europe-USA) et l’OCA (Observatoire Colombien de l’Administration), les forces de sécurité de l’Etat ont réalisé 6332 détentions arbitraires entre août 2002 et août 2004. Ces deux organisations soulignent que ces détentions et les interrogatoires postérieurs étaient menés sur la base d’informations fournies par des informants payés et que la justice n’avait pas vérifié la validité de ces informations avant les arrestations. Etant donné que l’Etat les a accusées d’être des « subversifs », les personnes arrêtées risquent de « disparaître » ou d’être tuées par les paramilitaires quand elles sont libérées.
En 2005, le directeur du bureau du Haut commissaire de l’ONU pour les droits humains en Colombie, Michael Frühling, a annoncé que son bureau « a remarqué avec inquiétude que les détentions arbitraires représentent, aussi bien par leur quantité que par leur fréquence, l’une des plus préoccupantes violations des droits humains dans le pays ». Frühling notait en plus que l’ONU « est également préoccupée par les détentions en masse, et par les arrestations de personnes sans base juridique, qui touchent fréquemment les membres des secteurs les plus exposés tels que les avocats défenseurs des droits humains, les leaders communautaires, les syndicalistes et les gens qui vivent dans des zones où les organisations armées sont présentes ».
Les chiffres donnés dans cet article illustrent clairement que le terrorisme d’Etat et le terrorisme soutenu par l’Etat sont responsables de la majorité des attaques contre la population civile. Le gouvernement et les paramilitaires sont responsables de deux tiers des morts de civils dans le conflit colombien. Et, comme le département d’Etat des Etats-Unis le concède, les paramilitaires sont également les principaux exécuteurs des milliers de « disparitions » forcées qui se produisent tous les ans. Le gouvernement quant à lui est responsable de 100% des arrestations arbitraires qui se sont produites depuis l’entrée en fonction d’Uribe Vélez. Les kidnappings sont la seule catégorie où les guérillas, principalement les FARC, arrivent en tête.
Le gouvernement états-unien et le gouvernement colombien ont réussi à focaliser l’attention sur les activités des FARC, faisant de l’organisation guérillera la cible principale de la guerre à la terreur en Colombie. Les medias dominants aussi bien aux Etats-Unis qu’en Colombie, tout d’abord parce qu’ils s’appuient principalement sur les sources officielles, ont contribué de façon significative à ce que les FARC soient perçues comme la plus importante menace terroriste.
Les Etats-Unis fournissent donc tous les ans des centaines de millions de dollars en aide militaire aux principaux responsables d’actes terroristes en Colombie. Vus les chiffes mentionnés ci-dessus, il est difficile de conclure que le véritable objectif de la guerre de Washington c’est effectivement de combattre le terrorisme. Une explication plus plausible c’est que le gouvernement Bush protège militairement les intérêts politiques et économiques des Etats-Unis en Colombie sous le déguisement de la guerre à la terreur.
Garry Leech
- Traduction : Numancia Martinez Poggi
- Source : ColombiaJournal www.colombiajournal.org
Tags: Colombie, Farc, Terrorisme, Uribe
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Washington et Bogota contre Hugo Chávez
Written by admin on 12 février 2008 – 19:3412 février 2008
Attaques contre le Venezuela
Quelques jours plus tard, le 24 janvier 2008, le ministre colombien de la Défense Juan Manuel Santos a déclaré qu’au moins trois chefs des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) vivaient au Venezuela, sans fournir de plus amples détails. Au même moment, le vice-président colombien Francisco Santos a accusé le maire de Maracaibo Gian Carlo Di Martino de fournir des armes à la guérilla colombienne et plus précisément à l’Armée de libération nationale (ELN), en se basant sur une vidéo qui s’est révélée être fausse. Loin de faire marche arrière, ce dernier a même affirmé que l’élu vénézuelien serait capturé et emmené en Colombie2. Pour sa part, Di Martino a dénoncé « un montage qui dévoile le plan des Etats-Unis […] et du gouvernement colombien de provoquer un processus de déstabilisation a la frontière vénézuelienne3 ».
Les services de renseignement colombiens ont également accusé le Venezuela de fournir des munitions aux FARC et à l’ELN, suivant les déclarations du Département de la Défense des Etats-Unis4. L’opposition vénézuelienne a emboîté le pas à Washington et Bogota. Une ancienne responsable du Bureau national antidrogue (ONA), Mildred Camero, a déclaré que des supposés narcotrafiquants étaient « protégés par les autorités vénézueliennes et qu’ils agissaient avec une liberté absolue5 ».
Le point commun entre toutes ces accusations est l’absence absolue de preuves ou de faits concrets étayant les diverses déclarations. Le président Chávez a dénoncé les manœuvres colombiennes et étasuniennes. « J’alerte le monde à ce sujet : l’empire nord-américain est en train de créer les conditions pour générer un conflit armé entre la Colombie et le Venezuela », a-t-il souligné. « En moins d’une semaine le chef des forces armées de l’empire s’est rendu en Colombie [suivi par] le tsar antidrogue qui a dit que j’étais un ‘grand facilitateur’ du narcotrafic », a-t-il ajouté, fustigeant par la même occasion les déclarations du ministre colombien de la Défense6.
Le président du Nicaragua Daniel Ortega a également mis en garde la communauté internationale contre le danger représenté par l’actuelle campagne destinée à lier le Venezuela au trafic de drogue. « Les Etats-Unis sont en train d’utiliser le territoire colombien […]. Il s’agit d’un pays qui est militairement occupé par les Etats-Unis, pour essayer de détruire cet espace qui est en train de s’ouvrir en Amérique latine », a-t-il noté. « Nous espérons que le peuple colombien pourra freiner l’attitude de son gouvernement afin qu’il ne commette pas la folie de provoquer une confrontation7 ».
Alvaro Uribe et la Drug Enforcement Agency impliqués dans le trafic de drogue
En réalité, le seul haut dirigeant à être impliqué dans le trafic de drogue est le président colombien Alvaro Uribe, comme le souligne une source au-dessus de tout soupçon : un rapport d’intelligence du Département de la Défense des Etats-Unis de septembre 1991 détaille les relations de ce dernier avec le cartel de Medellín et les paramilitaires. Ce document confidentiel liste 104 « délinquants, assassins, trafiquants et avocats suspects » dont « Alvaro Uribe, homme politique et sénateur colombien consacré à collaborer avec le Cartel de Medellín ». Le rapport ajoute que « Uribe a été lié à […] des activités narcotiques aux Etats-Unis […], il a travaillé pour le Cartel de Medellín et est un ami proche de Pablo Escobar Gaviria8 ».
Un mémorandum élaboré par l’avocat du Département de la Justice des Etats-Unis Thomas M. Kent révèle également que l’Agence de lutte contre la drogue (Drug Enforcement Agency – DEA), qui fait partie du Département de la Justice, a régulièrement collaboré avec les narcotrafiquants colombiens et les paramilitaires et que ses fonctionnaires « sont des agents corrompus dans la guerre contre la drogue ». Ce document constitue un réquisitoire implacable contre la DEA et affirme, entre autres, que de nombreux fonctionnaires sont à la solde de criminels colombiens, qu’ils sont complices d’assassinats d’informateurs et directement impliqués dans le soutien des opérations de blanchiment d’argent des escadrons de la mort. Le mémorandum ajoute également que les agents corrompus jouissent de la protection des plus hautes instances gouvernementales9.
Le mémorandum de Kent, daté du 19 décembre 2004, s’est basé sur les déclarations d’agents de la DEA en Floride écartés du service pour avoir osé dénoncer les cas de corruption. Selon l’avocat étasunien, ces derniers ont fait face à « des risques terribles pour leurs carrières et leur sécurité, ainsi que la sécurité de leurs familles » pour avoir révélé « les noms de ceux qui sont directement impliqués dans l’activité criminelle à Bogota et aux Etats-Unis10 ».
D’après Kent, un agent de la DEA a été impliqué dans une activité criminelle en collaborant avec les escadrons de la mort de l’organisation paramilitaire Autodefensas Unidas de Colombia (AUC), responsable de plusieurs milliers d’assassinats. Le mémorandum expose « son implication dans le blanchiment d’argent pour les AUC ». Loin d’être traduit en justice, ce même agent a été promu et « s’occupe désormais de nombreuses enquêtes de stupéfiants et de blanchiment d’argent ». L’avocat affirme que les fonctionnaires du Département de la Justice ont classé l’affaire compromettante sans suite. « En juin 2004, la OPR [Office of Professional Responsability, qui est une branche de la DEA] et la DEA […] ont demandé à mon agent chargé du cas de leur fournir toutes les informations […]. Une semaine plus tard, l’enquête sur le blanchiment d’argent fut close11 ».
Le mémorandum de Kent détaille également trois cas impliquant des agents de la DEA en Colombie. Les fonctionnaires en question ont participé à une conspiration visant à assassiner des informateurs qui sont passés aux aveux. « Ils ont effectué d’étonnantes révélations au sujet des agents de la DEA à Bogota. Ils ont affirmé qu’ils avaient été assistés dans leurs activités narcotiques par les agents. Ils ont allégué de manière spécifique que les agents leur fournissaient des informations sur les enquêtes et d’autres activités en Colombie », a écrit l’avocat. Les agents de Bogota ont ensuite rencontré l’informateur auteur de la confession. « En sortant de la réunion, il fut assassiné », affirme le mémorandum. « D’autres informateurs […] qui ont travaillé avec le groupe de la DEA en Floride ont également été assassinés. Chaque assassinat a été précédé d’une demande d’identification de la part d’un agent de la DEA12 ».
Les agents de la DEA à Bogota ont également empêché plusieurs informateurs de se rendre aux Etats-Unis pour témoigner. Alors qu’ils étaient chargés de s’occuper de leur voyage, les fonctionnaires de Bogota ont procédé à leur arrestation. Le mémorandum souligne que « les informateurs ont été détenus neuf mois alors que fusaient les accusations. Une fois que l’on a pu démontrer que les agents à Bogota mentaient, les informateurs ont été libérés. L’un des informateurs a été enlevé et assassiné à Bogota, où il se cachait13 ».
Par ailleurs, les agents de la DEA en Colombie ont empêché un informateur de rencontrer des agents venus de Floride dans le cadre d’une enquête les concernant. Ils n’ont d’ailleurs pas lésiné sur les moyens. « Un agent de Bogota qui s’est rendu à Washington a affirmé cette fois que l’informateur était un pédophile. L’enquête fut mise de côté. L’agent fut sollicité pour étayer son affirmation mais il n’a plus apporté aucune preuve14 ».
La légitimité morale de Washington et de Bogota mise à mal
Les révélations de l’avocat Kent sont accablantes aussi bien pour la Colombie que pour les Etats-Unis et mettent à mal leur légitimité morale pour s’ériger en donneurs de leçons. Quant au président Uribe, le rapport du Département de la Défense est implacable à son égard et démontre son implication dans le crime organisé et le trafic international de drogue.
Uribe n’est pas le seul haut responsable colombien à être impliqué dans le trafic de stupéfiants. Un général de l’armée colombienne à la retraite, Pauselino Latorre, ancien commandant des services de renseignement, ainsi que son neveu Leobardo Latorre, lui-même ancien procureur de l’unité anti-narcotique du Parquet ont été arrêtés en janvier 2008 pour blanchiment d’argent à hauteur d’un million de dollars et association avec les mafias de la drogue. Ils avaient élaboré un système pour envoyer des quantités substantielles de cocaïne (dix tonnes par mois) non seulement aux Etats-Unis mais également en Europe et en Afrique15.
Une réalité différente
Il convient de rappeler certains éléments indispensables au sujet de la problématique du trafic de drogue et de faire la lumière sur la campagne de discrédit lancée par Washington et Bogota contre le Venezuela. En effet, le plus grand producteur de cocaïne et le plus important consommateur de cette substance au monde n’est pas le Venezuela mais la Colombie. Ensuite, les Etats-Unis restent le plus important consommateur de drogues de la planète et n’ont jamais agi contre les institutions financières impliquées dans le blanchiment d’argent en provenance du trafic de drogue16.
L’administration Bush essaye de faire croire au monde que le Venezuela serait devenue la plaque tournante du trafic de drogue dans le monde. Le Département d’Etat a d’ailleurs placé, pour la troisième année consécutive, le pays dans la liste des nations ayant échoué dans la lutte contre le trafic de drogue. Cependant, le rapport mondial sur les drogues des Nations unies de 2007 contredit ces affirmations :
« Les expéditions vers l’Espagne transitent fréquemment, semble-t-il, par le Venezuela, le Brésil et un certain nombre d’autres pays, dont l’Équateur, la République dominicaine, l’Argentine et – c’est là une tendance nouvelle – le Mexique. Depuis deux ou trois ans, toutefois, la principale nouvelle tendance est l’expédition de cocaïne en Afrique de l’Ouest, généralement le long des côtes du Cap-Vert, de la Guinée-Bissau et des îles Canaries, ainsi que dans d’autres pays situés le long du Golfe de Guinée, dont le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Togo, le Nigeria et, plus à l’ouest, la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria, en vue d’une livraison ultérieure en Europe17 ».
Par ailleurs, le Venezuela est reconnu pour sa lutte active contre le trafic de drogue. Depuis la rupture de la collaboration avec la DEA en 2005, les autorités bolivariennes sont passées de 43,25 tonnes saisies en 2004 à 77,52 tonnes en 2005. Au Venezuela, la DEA s’était rendue coupable d’activités conspiratrices et d’espionnage en faveur de l’opposition putschiste. La DEA a également bafoué à maintes reprises la législation vénézuelienne en procédant à l’arrestation de plusieurs individus, alors qu’il s’agit d’une compétence exclusive des autorités du pays. Caracas avait dénoncé « une flagrante violation de la souveraineté nationale » et une mise « en danger de la sécurité et de la défense de la nation18 ».
Enfin, il est difficile d’accuser les autorités vénézueliennes d’attentisme ou d’immobilisme dans la lutte contre le trafic de drogue. En effet, selon le Bureau national contre les drogues (ONA), en 2007, 57 tonnes de drogues et 53 avions ont été saisis sur le territoire national. Treize laboratoires de production de cocaïne ont été détruits à la frontière colombienne ainsi que 60 pistes d’atterrissage clandestines. En outre, 126 autres pistes sont en passe d’être démantelées. Plus de 178 tonnes de substances chimiques ont été saisies ainsi que 23 immeubles, 25 embarcations, 18 avions, 53 fermes et 106 véhicules utilisés dans cette activité criminelle. Le Venezuela a également procédé à l’extradition de trois individus vers la Colombie en mars et avril 2007, répondant favorablement à une demande du Département administratif de sécurité (DAS) de ce pays. Un citoyen étasunien a également été déporté, suite à une demande de Washington19.
Le Venezuela a investi 480 millions de dollars dans l’installation de radars permettant de contrôler l’espace aérien national, et plus particulièrement la frontière avec la Colombie. Plus de 380 fonctionnaires des services de la sécurité de l’Etat sont employés à plein dans la surveillance des éventuels trafics illicites et l’analyse des images satellites pour détecter les cultures illicites. En décembre 2007, pas moins de 14 survols de la zone frontalière ont été effectués20.
Les institutions internationales telles que les Nations unies, mais également l’Organisation des Etats américains ont salué les efforts vénézueliens dans la lutte contre le trafic la drogue, notamment au niveau de l’utilisation du système interaméricain des données uniformes sur la consommation des drogues, l’application de programmes de prévention, la réalisation d’enquêtes nationales, la création d’un registre national de substances chimiques à contrôler, la promulgation de la loi organique contre le crime organisé, l’éradication systématique des cultures de drogues et la ratification de plusieurs conventions internationales de lutte contre les drogues21.
Ainsi, le rapport 2007 de la Commission interaméricaine pour le contrôle de l’abus de drogues (CICAD) reconnaît les efforts réalisés par le Venezuela. Caracas a également signé 50 accords bilatéraux avec 37 pays concernant la lutte contre le trafic de drogue. Le Bureau national anti-drogues a été distingué pour son efficacité par la plupart des pays de la région et également par des nations telles que l’Espagne, le Royaume-Uni ou les Pays-Bas 22.
Le gouvernement bolivarien a également élaboré une stratégie nationale pour lutter contre le trafic de drogue en construisant trois aéroports à Maracaibo, Margarita et La Guaira qui seront les seuls points d’entrée et de sortie pour les avions privés et permettront ainsi d’exercer un meilleur contrôle du flux aérien. Un système d’identification (IFF) a été mis en place et permet de suivre la trace des avions qui entrent illégalement dans l’espace aérien du pays. Un réseau national anti-drogues a également vu le jour et implique l’ensemble des services sociaux de la nation. Caracas a enfin lancé un plan quinquennal (2008-2013) innovateur pour rendre plus efficace la lutte contre le crime organisé avec notamment un meilleur contrôle des voies maritimes et aériennes23.
Il sied de rappeler que les Etats-Unis, qui prétendent mener une guerre mondiale contre le trafic de substances illicites et qui accusent le Venezuela de manque de coopération dans ce domaine, ont empêché le gouvernement bolivarien d’acquérir des avions espagnols indispensables à la surveillance des frontières, car ces derniers contenaient des composants étasuniens. Washington a également interdit au Brésil de vendre 24 avions Tucanos à Caracas pour les mêmes raisons, alors qu’ils devaient être employés dans la lutte anti-drogues. Enfin, l’administration Bush a décidé de retirer deux radars de surveillance qui se trouvaient sur le sol vénézuelien24.
La double morale de Washington et les menaces de Bogota
Comme cela est aisément constatable, la Maison-Blanche ne dispose guère d’autorité morale pour stigmatiser le Venezuela sur la question de la lutte contre la drogue. La crédibilité de Washington se retrouve fortement ébranlée et c’est la raison pour laquelle les appels du Département d’Etat et de son porte-parole Thomas A. Shannon à reprendre le dialogue à ce sujet avec le Venezuela ne peuvent pas être pris au sérieux25.
De plus, Caracas n’a jamais fait preuve d’ambiguïté à ce sujet et s’est, au contraire, montré très clair : « Le narcotrafic est une activité criminelle aux conséquences immorales et tragiques. Il produit des millions de dollars pour les cartels de la drogue, mais détruit physiquement et moralement des millions d’êtres humains qui peuplent la terre. La lutte contre le narcotrafic est une obligation éthique26 ».
Hugo Chávez a réitéré sa mise en garde contre une éventuelle offensive colombienne contre le Venezuela. Ses soupçons ont de plus été confirmés par les services de renseignements des pays de la région27. Il a annoncé la mise en état d’alerte des forces armées car il « est possible que la Colombie se prête à une action militaire contre le Venezuela mais elle le regretterait pendant cent ans28 ». « J’accuse le gouvernement colombien de conspirer, agissant comme une marionnette de l’empire étasunien, et d’envisager une provocation militaire contre le Venezuela29 ». De son côté, Washington a nié une telle possibilité30.
Lors d’une réunion avec les familles d’otages colombiens, le ministre vénézuelien des Affaires étrangères, Nicolas Maduro, a réitéré son souhait de maintenir des relations cordiales et pacifiques avec la Colombie et à apporter modestement sa contribution en faveur de la libération de tous les otages et de la paix. Les FARC viennent d’ailleurs d’annoncer la libération unilatérale de trois nouvelles personnes31.
La campagne de désinformation lancée par la Maison-Blanche et relayée par Bogota n’a d’autre but que de ternir l’image du gouvernement vénézuelien. En effet, Washington n’accepte pas de voir une nation du sous-continent s’affranchir de sa tutelle et revendiquer son indépendance.
Notes
1 The Associated Press, « Venezuela rechaza acusación de zar antidrogas de EE.UU. », 21 janvier 2008.
2 Agencia Bolivariana de Noticias, « EEUU crea condiciones para generar conflicto entre Venezuela y Colombia », 26 janvier 2008.
3 Agencia Bolivariana de Noticias, « Di Martino: El video es un montaje », 26 janvier 2008.
4 Gonzalo Guillén, « Acusan a Chávez de suministrar balas a las FARC y el ELN », El Nuevo Herald, 21 janvier 2008.
5 The Associated Press / El Nuevo Herald, « Ex jefa antidrogas denuncia apoyo a narcos en Venezuela », 4 février 2008. Voir également The Associated Press / El Nuevo Herald, « Denuncian protección de narcos en Venezuela », 3 février 2008.
6 The Associated Press / El Nuevo Herald, « Chávez : EEUU propicia conflicto armado Colombia-Venezuela », 26 janvier 2008.
7 Ibid.
8 Agencia Bolivariana de Noticias, « EEUU conoce vínculos del presidente de Colombia con el narcetráfico y el paramilitarismo », 23 janvier 2008.
9 Agencia Bolivariana de Noticias, « DEA colabora con narcos y paramilitares en Colombia », 25 janvier 2008.
10 Bill Conroy, « Leaked Memo : Corrupt DEA Agents in Colombia Helps Narcos and Paramilitaries. Internal Justice Dept. Document Alleges Drug Trafficking Links, Money Laudering and Conspiracy to Murder », The Narco News Bulletin, 9 janvier 2006. http://www.narconews.com/docs/ThomasKentMemo.pdf (site consulté le 10 février 2008).
11 Ibid.
12 Ibid.
13 Ibid.
14 Ibid.
15 Agencia Bolivariana de Noticias, « General y ex fiscal colombianos arrestados por pertenecer a mafia de la droga », 25 janvier 2008.
16 Agencia Bolivariana de Noticias, « Discurso del Embajador Jorge Valero, Viceministro para América del Norte y Asuntos Multilaterales y Representante Permanente de Venezuela, ante el Consejo Permanente de la OEA », 23 janvier 2008.
17 Office contre la drogue et le crime, 2007, rapport mondial sur les drogues, Nations Unies, 2007, p. 81. http://www.unodc.org/documents/wdr/WDR_2007/wdr2007_french_web.pdf (site consulté le 10 février 2008).
18 Agencia Bolivariana de Noticias, « Discurso del Embajador Jorge Valero, Viceministro para América del Norte y Asuntos Multilaterales y Representante Permanente de Venezuela, ante el Consejo Permanente de la OEA », op. cit.
19 Ibid.
20 Ibid.
21 Ibid.
22 Ibid.
23 Ibid.
24 Ibid. Voir également : The Associated Press / El Nuevo Herald, « Venezuela instalará nuevos radares para combatir narcotráfico », 24 janvier 2008.
25 Néstor Ikeda, « EEUU invita otra vez a Venezuela a ir al diálogo », The Associated Press / El Nuevo Herald, 23 janvier 2008.
26 Agencia Bolivariana de Noticias, « Discurso del Embajador Jorge Valero, Viceministro para América del Norte y Asuntos Multilaterales y Representante Permanente de Venezuela, ante el Consejo Permanente de la OEA », op. cit.
27 Agencia Bolivariana de Noticias, « Présidente advierte que Colombia pudiera estar preparando ofensiva contra Venezuela », 3 février 2008.
28 The Associated Press / El Nuevo Herald, « Chávez : Militares en alerta ante posible amenaza de Colombia », 2 fevrier 2008.
29 Jorge Rueda, « Chavez : Colombia Plans ‘Aggression’ », The Associated Press, 26 janvier 2008.
30 The Associated Press / El Nuevo Herald, « Subsecretario de EEUU descarta conflicto armado Venezuela y Colombia », 23 janvier 2008.
31 Agencia Bolivariana de Noticias, « Canciller Maduro reiteró el compromiso del Gobierno de Venezuela con la paz », 5 février 2008.
Salim Lamrani est enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les Etats-Unis. Il a notamment publié Washington contre Cuba (Pantin : Le Temps des Cerises, 2005), Cuba face à l’Empire (Genève : Timeli, 2006) et Fidel Castro, Cuba et les Etats-Unis (Pantin : Le Temps des Cerises, 2006).
Il vient de publier Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme (Paris : Editions Estrella, 2008).
Contact : lamranisalim@yahoo.fr
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