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Le communiqué des FARC est un faux communiqué

Written by admin on 8 avril 2008 – 12:58

AwacsLe maître mot est: silence.

Contrairement a ce qu’a été colporté par plusieurs médias, le message, mis en ligne jeudi 3 avril 2008 sur le site de l’Agence bolivarienne de presse, indiquant que les Farc ne relâcheront aucun prisonnier sans avoir obtenus du pouvoir colombien la libération des guérilleros détenus, n’a jamais existé. Plus précisément: ce message, qui a été attribué à Rodrigo Granda, l’un des principaux responsables des FARC, ne date pas du 3 avril mais… du 19 mars. Presque un mois de décalage.

“Le texte est une pure copie du message qu’avait rédigé Rodrigo Granda le 19 mars dernier, à la suite de la mort de Paul Reyes”, a d’ailleurs déclaré, vendredi 4 avril, le Comité de soutien à Ingrid Betancourt. Dans un communiqué, celui-ci s’interroge: “Y a-t-il manipulation? Et si tel est le cas, à qui profite-t-elle?” La question est pertinente.

En réalité, les Farc se sont enfermées dans un mutisme total. Aucune communication ne sort de la forêt amazonienne. L’explication de ce long silence vient du ciel. La question qui préoccupe les dirigeants des guérilleros n’est pas le Falcon envoyé par le chef de l’Etat français, toujours immobilisé sur la piste de l’aéroport militaire de Catam, à Bogotá, mais bel et bien l’intensification du survol du territoire par les Awaks, les avions espions de l’Oncle Sam que Washington a dépêché dans le ciel colombien. Après l’assaut donné au campement de Raul Reyes, le premier mars dernier, les hommes de Marulanda n’ont plus confiance.

“Appelle les Américains!” Voici ce qu’a demandé, avec insistance, Hugo Chavez à Nicolas Sarkozy. “Demande aux Américains de rappeler leurs Awaks. C’est d’eux que dépend la suite de l’opération”. Le président vénézuélien est sûr que seulement quand Marulanda sera assuré de pouvoir communiquer sans prendre le risque d’être intercepté, il pourra rouvrir les tractations qui ont été brutalement interrompues après la mort de Reyes. Selon nos informations, les termes de la tractation sont résumés en trois points:

1) la libération d’un nombre consistant de guérilleros emprisonnés, y compris pour crimes de sang;
2) Paris doit s’engager à accueillir les militants des Farc sur son territoire, vraisemblablement en Guyane et aux Antilles;
3) L’Europe doit s’engager à enlever les Farc de la liste des organisations terroristes.

Au-delà de ces trois conditions, les Farc veulent aussi avoir l’assurance qu’une fois qu’ils auront libéré Ingrid Betancourt, le gouvernement colombien s’engage dans une tractation “de paix” et non pas dans une logique “d’anéantissement”. En effet, Marulanda craint que, une fois qu’Ingrid Betancourt aura recouvré la liberté, l’armée colombienne, fortement appuyée par Washington, se lance dans une vaste offensive militaire.

C’est pour cette raison que les hommes des Farc attendent un signal fort: les Awaks de l’Oncle Sam doivent quitter les cieux de la région

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Les grands patron rationnent volontairement la population

Written by admin on 5 mars 2008 – 17:24

Fedecámaras est au Venezuela l’association principale de chefs d’entreprises, de commerçant, de producteurs et d’intermédiaires privés (NDT ; Chambres et associations de commerce et de production, l’équivalent de notre MEDEF). Selon les mots de son président actuel, José Manuel González, ses membres fournissent 80% des aliments, biens et services que consomme le pays. Le président Hugo Chávez les a accusés publiquement d’être la cause du manque apparent de certains aliments qui affecte sensiblement le moral des Vénézuéliens. Fedecámaras le nie et accuse le gouvernement Bolivarien de provoquer cette pénurie en imposant le contrôle des prix et du change des devises étrangères.

Mais si Fedecámaras fournit 80% du Venezuela, comme l’a dit González, et si nous assumons que le Gouvernement couvre les 20% restant, qui a la plus grande capacité de provoquer la disparition massive des aliments dans les rayons des supermarchés ? Très certainement ceux qui produisent, vendent, échangent et stockent ; c’est-à-dire Fedecámaras.

Les membres de cette corporation ne se sont pas rendu compte qu’en se déclarant publiquement principal oligopole du pays ils s’accusaient directement et avec fierté en plus. De cette façon, ils ont dit au président qu’ils étaient la solution au problème qu’ils avaient créé, et qu’ils utilisent, au Venezuela et à l’extérieur, comme argument politique pour critiquer les mesures économiques socialistes qui se développent en 2008 avec une force inédite, fruit de la secousse électorale subie par la majorité en décembre dernier.

Cependant, la prétendue pénurie sur laquelle se fondent aujourd’hui les arguments politiques d’une bonne partie de l’opposition ne s’observe que dans les boutiques des chaînes de distribution et dans les supermarchés qui en conditions normales sont achalandés par les membres de Fedecámaras.

Dans les quartiers de la capitale vénézuélienne, de nombreuses coopératives distribuent à des prix abordables, lait, sucre, viande, poulet, riz et autres aliments de base importés d’urgence par le Gouvernement pour faire face à ce formatage d’opinion que l’opposition crée dans ses propres medias de communication. Ceci dans le dessein de nuire à la popularité et à la gestion d’Hugo Chávez, et de préparer le terrain pour les élections municipales de novembre prochain.

Mais, loin de porter préjudice aux politiques économiques populaires du Gouvernement, Fedecámaras a contribué au succès de missions comme celle pour l’alimentation, “Mercal”, qui se matérialise aujourd’hui en plus de trois mille points de vente d’aliments à des prix solidaires, sans prélèvements d’intermédiaires parasites. Ces missions sont en train de parfaire leur travail et établissent ce qu’elles n’ont pu faire en neuf années de révolution : une relation directe avec les agriculteurs socialistes auxquels chaque semaine depuis le début de l’année 2008 Chávez s’adresse dans son émission traditionnelle “Aló Presidente”.

Une autre cause pousse au succès des missions d’alimentation : l’entreprise “PDVAL” (Production et Distribution Vénézuélienne des Aliments) financée par PDVSA (Pétroles du Venezuela, SA) pour créer les conditions de production et de vente rapides, un véritable « “crochet au foie” à l’opposition qui prétendait transformer le découragement et la faim en votes contre Chávez.

Cette soi-disant pénurie n’a pas été la seule erreur de Fedecámaras dans la course de l’opposition pour capter les votes de Vénézuéliens crédules. Le président de cette corporation, José Manuel González, a lui-même demandé au Président Chávez “d’ouvrir l’économie”, voulant donner l’idée d’une économie fermée, monopolisée par l’Etat et soumise à de sévères contrôles.

S’il était venu à l’idée du Président Chávez d’ouvrir l’espace commercial aux géants de la distribution internationale d’aliments et de biens, comme le Français “Carrefour” ou le Chilien “Jumbo” parmi d’autres, je suis sûr qu’au bout d’un mois il ne serait resté au Venezuela aucun de ces lamentables “Cada”, “Central Madeirense”, ou “Excelsior Gamma”. Ces confrères de Fedecámaras se seraient écroulés comme des châteaux de cartes face à la force irrésistible du véritable monopole capitaliste transnational efficacement organisé.

Les exemples des expériences de la Colombie et du Chili sont suffisants pour démontrer comment ont disparu, au rythme de la voracité démesurée du capitalisme transnational, des familles centenaires de commerçants dont certaines très convenables et appréciées, comme la maison Carulla de Bogotá.

Ces commerçants vénézuéliens cependant ne se rendent pas compte que le meilleur commerce qu’ils pourront faire dans leur vie est un commerce juste avec une conscience nationale, qui les protégerait d’une ruine assurée au cas où se produirait l’improbable “ouverture” qu’ils demandent.

Dans la matinée du dimanche 24 février dernier, une étrange explosion s’est produite au siège principal de Fedecámaras à Caracas. La seule victime fut le poseur de bombe. Les autorités qui arrivèrent en premier sur les lieux furent des agents de la police municipale de “Chacao”, opposée au Gouvernement Bolivarien, qui, selon les autorités nationales, se rendirent coupables de graves violations de la scène du crime. Pour n’être qu’une “police administrative”, ils auraient dû seulement empêcher l’accès au site et attendre les experts en techniques médico-légales et criminelles pour qu’ils rassemblent les indices nécessaires à l’établissement de la vérité.

La police de Chacao a dit avoir trouvé sur le mort, une lettre prouvant ses liens avec la Police Métropolitaine de Caracas - ce qui affecte le Gouvernement - un poste de radio communications, et un communiqué d’un prétendu groupe révolutionnaire “Venceremos” dans lequel sont exposées des critiques majeures aux positions politiques de Fedecámaras.

Pour le journaliste Mario Silva, animateur de l’émission “La hojilla”, qui dénonce les manipulations d’opinion par les médias, il semble étonnant que 70% du corps de la victime soit atteint de brûlures, selon le rapport de la police de Chacao, alors que selon les mêmes sources, les objets qui ont été trouvés sur lui, radio, lettre et communiqué, sont en parfait état.

Lors d’une conférence de presse, le ministre de l’Intérieur vénézuélien, Ramón Rodríguez Chacín, a dit « nous avons identifié les responsables de l’attentat et leurs mandataires ». Il a prévenu qu’il ne révèlerait pas les noms pour le moment, attendant les résultats d’autres recherches sur les causes des quatre derniers attentats à la bombe qui ont eu lieu à Caracas. « Ils ont commis les erreurs que nous attendions », a dit Chacín dévoilant l’existence d’un complot auquel participe l’opposition dans cette vague de violence peu ordinaire.

Vague dans laquelle se meut avec délicatesse Fedecámaras dont le Président en 2002, année du coup d’état contre le Gouvernement d’Hugo Chávez, s’autoproclama président du Venezuela et, dans un discours de neuf minutes, dissout tous les pouvoirs publics et les administrations pourtant élus par le peuple du Venezuela. C’est Pedro Carmona Estanga, que les Vénézuéliens appellent aujourd’hui avec sarcasme “Carmona le Bref” car son passage illégal de Fedecámaras à la présidence ne dura pas vingt-quatre heures.

traduction Laurent pour le Grand Soir

 

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[Drogues] Alvaro Uribe est lié au trafic de cocaïne

Written by admin on 4 mars 2008 – 17:16

Alvaro Uribe - traficant de droguePablo Escobar a-t-il été le parrain politique d’Alvaro Uribe ? Un document des services secrets militaires étasuniens publié lundi par Newsweek a relancé la polémique sur les liens douteux entretenus par le clan du président colombien. Dans ce rapport dressé en 1991, M.Uribe –alors sénateur– est présenté comme un « ami proche » et un « collaborateur » de feu Pablo Escobar, grand patron du Cartel de Medellin décédé en 1993. A en croire l’hebdo étasunien, le jeune Uribe aurait même fait ses premières armes en politique lors de la campagne électorale qui mena le mythique narcotrafiquant, alors au faîte de sa gloire, à la Chambre des représentants. Bogotá et Washington ont immédiatement réagi, en minimisant la portée du document. L’affaire n’en est pas moins gênante pour un Alvaro Uribe empêtré dans ses négociations avec les paramilitaires et déjà préoccupé par son éventuelle réélection en 2006. Le président se serait d’autant mieux passé de figurer dans ce véritable Who’s who du narcotrafic qu’il est régulièrement accusé de collusion avec les milices d’extrême droite, elles aussi fortement impliquées dans la production de cocaïne. Surtout que, cette fois, le brûlot cité par Newsweek n’émane pas d’un quelconque groupuscule gauchiste, mais de la Defense Intelligence Agency (DIA), l’équivalent militaire de la CIA.

Contre les extraditions

Rédigé en 1991, mais tenu secret jusqu’en mai dernier, le rapport dresse la liste d’une centaine de personnes qui seraient liées au trafic de cocaïne. Le futur président colombien y figure en 82eplace en ces termes peu ambigus : « Politicien et sénateur spécialisé [dedicated] dans la collaboration avec le Cartel de Medellin dans les plus hauts niveaux gouvernementaux » ! Selon les limiers du DIA, cet « ami proche » de Pablo Escobar aurait non seulement « travaillé » pour son Cartel, mais aurait aussi été « lié » à une « entreprise impliquée dans le narcotrafic aux USA ». La note rappelle d’ailleurs que le jeune et prometteur sénateur était alors un farouche adversaire du traité d’extradition antidrogue que la Colombie s’apprêtait à signer avec Washington. Last but not least, le rapport disqualifie la tant vantée épopée familiale, selon laquelle Alfredo Uribe, père d’Alvaro et grand propriétaire terrien disparu en juin 1983, aurait été tué en résistant à une tentative d’enlèvement par la guérilla des FARC. Le document de la DIA soutient en effet qu’Alfredo Uribe a été « assassiné pour ses liens avec les narcotrafiquants ».

Maigre consolation, le président colombien figure en fort bonne compagnie sur la liste étasunienne, puisque, outre Pablo Escobar et ses hommes de main, on y trouve des politiciens, des avocats, des hommes d’affaires, le Cubain de Miami Leonel Martinez, deux membres de l’ETA, quelques guérilleros et « paras » colombiens, un insurgé péruvien, le chanteur Carlos Vives et l’ex-président panaméen Manuel Noriega !

Démentis

La présidence colombienne a immédiatement réagi à la publication du document par Newsweek, estimant que ces accusations étaient anciennes et que M.Uribe les avait déjà démenties lors de sa campagne électorale victorieuse de 2002. Bogotá indique en outre « étudier » l’opportunité d’une plainte contre l’hebdo étasunien.

Sur le fond, toutefois, la présidence s’est contentée de réitérer sa version de la mort d’Alfredo Uribe et de souligner que jamais la Colombie n’avait extradé autant de narcotrafiquants vers les USA que sous la présidence d’Alvaro Uribe. Celui-ci a d’ailleurs reçu le soutien sans réserve de Washington, qui souligne la « bonne coopération » antidrogue des autorités colombiennes. Et s’il a authentifié le document de la DIA, le Pentagone a averti que cette note contenait « de l’information brute non encore évaluée ». Une version accréditée par la presse colombienne, qui a relevé quelques inexactitudes manifestes dans le document.

« Exact à 95% »

Interrogé par Radio Caracol, Joseph Contreras, l’auteur de l’article, s’est dit « surpris » qu’Alvaro Uribe n’ait même pas voulu contester ses présumés liens avec le Cartel et surtout avec son parrain. S’il a admis que le document de la DIA contient effectivement des erreurs factuelles, le journaliste assure avoir « vérifié minutieusement » son contenu et affirme que « 95% ou 96% » de son contenu est avéré. Auteur d’un récent livre-enquête sur le président colombien, Joseph Contreras a aussi rappelé que l’amitié de Pablo Escobar pour le père d’Alvaro Uribe était de notoriété publique, le parrain de Medellin ayant affrété un hélicoptère et publié divers encarts dans la presse lors de l’enterrement du latifundiste.

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