Posts Tagged ‘pétrole’
TOTAL affiche un crédit d’impôt malgré 12 000 000 000 € de bénéfices
Written by admin on 16 avril 2008 – 0:12
Total est de loin la première entreprise française. 12 milliards de bénéfices, rien que ça ! Fleuron de l’économie hexagonale qui rapporte à l’Etat un petit pactole en impôts sur les sociétés ? Il semblerait bien que non… D’après l’hebdomadaire Marianne, en 2006, la holding basée en France affiche un crédit d’impôts.
100 milliards d’euros, c’est à peu de choses près la somme des bénéfices des entreprises du CAC 40 pour l’année 2007. Si toutes ces sociétés payaient l’impôt sur les sociétés, alors l’Etat récolterait 33 milliards d’euros, rien que pour elles. Mais en réalité, ce ne sont que 6 milliards d’euros qui leur sont prélevés, sur un total, à l’échelle du pays, de 49 milliards pour cet impôt. 6 milliards au lieu de 33 milliards… car un certain nombre de grosses entreprises négocient directement leur taux d’imposition avec l’état. C’est légal, c’est génial, et ça s’appelle le bénéfice mondial consolidé (BMC).
total ne paie pas d impots
Le groupe pétrolier Total, plus grande entreprise française, a réalisé en 2007 un bénéfice net de 12 milliards d’euros, sans compter les provisions d’au moins un milliard. Mais, au titre du BMC, le groupe paie une grosse partie de ses impôts aux pays producteurs, et une toute petite partie aux pays consommateurs, de l’ordre de 10%. La justification de ce mécanisme est simple : un groupe international réalise des profits dans plusieurs pays et doit donc payer ses impôts dans plusieurs pays. Total a toujours clamé que la part de son activité française dans son résultat était minime, aux alentours de 5%. Mais l’UFC-Que-Choisir (fév. 2008) a enquêté et évoque plutôt un chiffre de 20%, expliquant que la différence calculée par le pétrolier était dû à un “malheureux oubli” de sa part.
Toujours est-il que le montant du chèque que Total signe tous les ans à l’Etat français au titre de l’impôt sur les sociétés est secret, archi-secret ! Le Canard Enchaîné a plusieurs fois effleuré la question, évoquant des montants du même ordre que ceux de Marianne, dans son édition du 17 novembre 2007 passée totalement inaperçue, qui cite Thierry Desmarets, ex-PDG du groupe Total : “Vous donner le montant des bénéfices de Total en France ou celui de son chèque au trésor ? Cela pourrait être mal interprété”. Et, en conclusion, l’hebdo affirme qu’ “en 2006, la holding basée en France affiche un crédit d’impôts de 200 millions d’euros, après 700 en 2005. Voilà qui, en effet, pourrait être très, très mal interprété.”
En effet…
- Total ne paie pas d’impot Total profite à plein de la hausse du baril de brut, en refusant absolument de baisser limiter l’explosion des prix à la pompe, et ce, malgré ses résultats mirifiques. Et tant pis pour les clients !
- L’Etat refuse, jusqu’à présent à taxer ces bénéfices “exceptionnels”.
- Total multiplie les marées noires. Le naufrage de l’Erika ne lui aura finalement coûté que l’équivalent de 10 jours de bénéfices.
- Total investit peu. De 1 à 3% seulement de ses bénéfices seulement sont investis dans les énergies renouvelables. Entre 2000 et 2006, les capacités de raffinage du groupe ont diminué de 2,3 % en France et ont seulement augmenté de 5,4 % au niveau mondial. En 2007, le groupe n’affecte que 57 % de ses capacités de financement aux dépenses d’investissement net. L’autre moitié va pour l’essentiel aux versements de dividendes, aux rachats d’action et à l’augmentation de la trésorerie.
- Total est un employeur bien peu “citoyen”. Entre 2000 et 2006, le nombre de personnes employées par Total en France a diminué de 31 %. Au niveau mondial, la diminution, sur cette période, est de 22 % tous métiers inclus et de 1 % pour l’activité pétrole.
Alors si, en plus, Total ne paie pas d’impôts… Espérons sincèrement que tout le monde se trompe. Il suffirait pour en avoir le coeur net que l’Etat et Total décident de publier les chiffres. Transparence… En attendant, vous reprendrez bien un petit verre de “Sans-Plomb” ? Les cacahuètes sont offertes…
Tags: france, Impôts, pétrole
Posted in Europe | No Comments »
L’Etat s’en met plein les poches
Written by admin on 5 novembre 2007 – 11:39 
© Charles Platiau / Reuters
Alors que le baril de brut dépasse les 90 dollars, Christine Lagarde veut rencontrer de toute urgence les pétroliers, voire les pays de l’OPEP. Du calme! Comme si c’étaient eux les seuls responsables de la flambée des prix du litre d’essence à la pompe. Notre nouvelle ministre ne sait peut-être pas encore que la personne responsable de cette hausse est essentiellement … elle. Dans cet esprit, elle ne peut plus se fourvoyer dans de nouvelles erreurs de jeunesse. Notre ministre doit de toute urgence prendre rendez-vous avec Bercy.
Go ahead Christine! We are waiting for you.
Cependant, avant d’aller à Bercy, Christine Lagarde doit enquêter afin de savoir qui s’en met plein les poches sur un baril de pétrole quand il devient baril d’essence ?
Simple ! Sachant qu’en moyenne un litre d’essence de 95 sans plomb coûte aujourd’hui 1,30 € soit 1,87 $, on a le tableau suivant :
|
type de produit à
|
pétrole brut
|
essence 95
|
|
prix du baril (159 l) à
|
90 $
|
298 € (*)
|
(*) calcul : 159 litre x 1,30 x 1,44 (cours du €/$) = 298 $
La marge, entre le brut acheté et le produit raffiné vendu à la pompe, est de 208 $ (298 - 90). Où passe cette marge ? Quel est le prédateur ?
Sachant qu’en France le poids des taxes sur un litre d’essence est de 75 %, la répartition sur un baril d’essence, entre l’Etat et les raffineurs-vendeurs, est au minimum la suivante :
|
bénéfice de l’Etat sur un baril d’essence à
|
75 % de 208 =
|
156 $
|
|
part des pétroliers sur un baril d’essence à
|
25 % de 208 =
|
52 $
|
Donc, le bénéfice de Bercy sur un baril est 3 fois plus important que la part prise par les pétroliers pour raffiner, distribuer et marger.
La prédation de Bercy est vraiment sans borne, car lui, l’Etat, n’a aucune charge sur ses 75 % de profits.
Donc, si Christine Lagarde veut faire baisser les prix à la pompe, elle doit réduire sa marge. Si elle obtient, d’elle-même, seulement 10 %, cela fera économiser 15 € par baril d’essence, c’est-à-dire 9 centimes par litre, à tout agent économique qui en consomme : pêcheur, transporteur, agriculteur, travailleuse et travailleur de la route …
En conséquence, notre ministre n’a pas le choix. Elle doit rapidement s’appeler elle-même pour se fixer son propre rendez-vous.
Par ailleurs, avant de faire croire aux Français, de manière spécieuse, que la hausse du prix de l’essence est principalement due aux vendeurs du produit, ayez le courage, Madame Lagarde, d’un instant d’introspection. Quand le baril augmente, le grand gagnant est l’Etat, c’est-à-dire vous. Arrêtez de prendre continuellement les Français pour des demeurés en leur disant que c’est toujours de la faute des autres : de l’euro trop fort, de la BCE trop indépendante, du yuan trop faible, des grandes surfaces trop impériales et, maintenant, du baril trop haut, des pétroliers trop gourmands et des pays de l’OPEP trop enclins à préparer leur avenir.
Alors, au-delà de toutes ces jérémiades qui n’intéressent plus personne, soyez pragmatique et rétablissez le principe de TIPP flottante.
Certains secteurs économiques commencent à souffrir. Certains vont mourir. L’Etat dispose de moyens financiers importants. Vous avez dit, en août, que la France allait très bien. Alors, profitez-en pour faire un geste.
Il y a urgence. Vous le savez. Vous ne pouvez plus attendre. Une essence trop chère risque de compromettre la croissance économique de notre pays. Notre croissance a besoin d’une bouffée d’air frais. Surtout d’un air moins pollué par les taxes diverses et variées dont souffrent structurellement tous les moteurs de développement de notre pays. Vous espérez encore une croissance de 2 % en 2007. Alors, ayez le courage de vous en donner les moyens économiques et aussi politiques.
Madame Lagarde, la France et sa croissance comptent sur vous pour éviter l’asphyxie.
Now then Christine, face up to things. Make a date with yourself. As soon as possible. We should hope so !
Tags: france, grèves, lagarde, opep, pétrole
Posted in Europe | No Comments »