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Rafael Correa nationalise l’industrie mùinière de l’equateur

Written by admin on 17 mai 2008 – 17:24

Le président équatorien Rafael Correa a annoncé jeudi l’intention de son gouvernement de reprendre le contrôle de la quasi-totalité des concessions minières du pays, afin de protester contre le manque d’investissements des compagnies étrangères.Un projet de loi défendu par le président de gauche prévoit le retour dans le giron de l’Etat de 80% des quelques 4.000 concessions minières, pour la plupart accordées à des entreprises américaines ou canadiennes.

Cette décision a pour but de revenir sur “toutes les concessions qui ont été accordées illégalement, qui n’ont fait l’objet d’aucun investissement et qui sont utilisées pour la spéculation”, a déclaré le chef de l’Etat.

Le projet de loi devrait être voté dans les prochains jours par l’Assemblée constituante, contrôlée par les partisans de M. Correa. Il porte sur près de 3 millions d’hectares de mines, notamment d’or et d’argent.

M. Correa qui n’a pas fourni la liste des entreprises concernées, a en outre indiqué que certaines concessions seraient suspendues pendant 180 jours afin de permettre une renégociation des contrats.

Les autorités équatoriennes estiment la valeur des réserves minières du pays à 200 milliards de dollars, loin devant les 70 milliards que représentent celles du pétrole.

L’annonce du président a provoqué une levée de boucliers au sein de la Chambre minière qui réunit les principales entreprises du secteur, parmi lesquelles figurent notamment les canadiennes Ascendant Copper, Ecsa, Conerstone, I Am Gold, Aurelian Resourses et Dinasty Metal, ainsi que l’américaine Lowell.

L’industrie minière, encore en phase d’exploration en Equateur, repose essentiellement sur des entreprises privées qui ont investi un milliards de dollars et généré 120.000 emplois directs, selon les chiffres de la Chambre.

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Mars 2008 - Les débuts de la crise en Amérique Latine

Written by admin on 5 mars 2008 – 2:05

Raul ReyesPorte-parole des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et ministre des affaires étrangères de cette organisation d’opposition armée, le commandant Raúl Reyes est mort, le 1er mars, en territoire équatorien (à moins de deux kilomètres de la frontière). Contrairement à ce qu’a affirmé dans un premier temps le président colombien Alvaro Uribe à son homologue équatorien Rafael Correa, il n’y a eu aucun affrontement entre le groupe de guérilleros qui accompagnait Reyes et l’armée colombienne. Ils ont été victimes, pendant leur sommeil, d’une « bombe intelligente » de technologie américaine larguée par un avion ayant violé de dix kilomètres — revenant sur son objectif par le sud — le territoire équatorien. Pénétrant également dans le pays voisin, un commando héliporté a parachevé le travail — le président Correa évoque un « massacre » —, emportant le seul corps de Raúl Reyes, comme un trophée.

Parvenue sur les lieux, l’armée équatorienne a trouvé, dans un campement provisoire, les corps des seize autres guérilleros en pyjama, ainsi que deux guérilleras blessées.

Raúl Reyes appartenait au secrétariat des FARC, l’instance dirigeante de cette organisation. Des sept hommes le composant, il était le plus vulnérable parce que le plus exposé. Ses contacts avec les journalistes et les émissaires négociant la libération des « prisonniers politiques » et des otages de la guérilla l’obligeaient à séjourner régulièrement dans la partie du Putumayo proche de la frontière équatorienne. Aucun service de renseignement, qu’il soit américain ou colombien, ne pouvait l’ignorer. Reyes connaissait les risques et les avait acceptés.

Plus qu’une victoire militaire — Reyes était un cadre politique —, il s’agit là d’un coup très dur porté aux tentatives menées pour résoudre la question de l’échange humanitaire — prisonniers des FARC contre guérilleros — demandé depuis des années par les FARC, les familles des otages, dont celle de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, et de nombreux représentants de la communauté internationale (parmi lesquels le président français Nicolas Sarkozy). Là était l’objectif de cette action.

Alors que le président Uribe refuse obstinément cette négociation, les efforts déployés par la sénatrice colombienne Piedad Cordoba (Parti d’opposition à Uribe, droite) et le président vénézuélien Hugo Chávez (gauche) venaient de porter leurs fruits. Six otages civils ont été libérés unilatéralement et sans conditions par les FARC. Ce geste d’ouverture plaçait en situation difficile Bogotá qui, dans sa logique guerrière, et en phase avec Washington, s’obstine à qualifier les FARC de groupe « terroriste », type d’organisation avec lequel aucun gouvernement ne saurait négocier. Il s’agit également de mettre un terme aux efforts couronnés de succès de M. Chávez — lesquels mettent en évidence, dans cette affaire, la mauvaise volonté du président colombien.

Cette attitude de M. Uribe ne s’est jamais démentie. On rappellera l’arrestation, en janvier 2004, à Quito, du commandant des FARC, Simón Trinidad, au cours d’une opération de la police équatorienne, en lien avec les services de renseignement colombiens et américains. Mandaté par son organisation, M. Trinidad se trouvait à Quito pour y mener des conversations — entre autres avec la France et le représentant des Nations unies James Lemoyne — sur le thème de l’échange humanitaire. Ramené en Colombie puis extradé aux Etats-Unis, M. Trinidad vient d’y être condamné, au terme d’un procès politique, à soixante ans de prison.

De la même manière, et pour les mêmes raisons, le commandant Rodrigo Granda fut enlevé à Caracas, en décembre 2004, par les services colombiens et des gardes nationaux vénézuéliens grassement rémunérés (1).

Outre l’inquiétude qu’elle provoque quant à un dénouement positif pour les « prisonniers politiques » des FARC (on sait Mme Betancourt en très mauvaise santé), le viol délibéré du territoire équatorien par l’armée colombienne provoque une grave crise régionale entre Quito, qu’appuie Caracas, et Bogotá.

 

Maurice Lemoine

(1) M. Granda a été libéré depuis, à la demande du président Sarkozy. Après un passage par Cuba, il a rejoint la guérilla.

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L’Equateur accuse nommément la Colombie

Written by admin on 5 mars 2008 – 1:53

L’Equateur a accusé mardi la Colombie de “violation planifiée et préméditée” de sa souveraineté, au cours d’une réunion extraordinaire de l’Organisation des Etats américains (OEA) sur la crise impliquant la Colombie, l’Equateur et le Venezuela.

Le président équatorien Rafael Correa a qualifié mardi son homologue colombien Alvaro Uribe de “menteur éhonté”, l’accusant de “vouloir la guerre”, après le raid mené par Bogota contre les FARC en territoire équatorien ce week-end. Il a averti que l’Equateur était prêt à faire face aux “conséquences ultimes”.

“Il est très difficile de discuter avec un menteur éhonté, qui nous poignarde dans le dos”, a déclaré M. Correa lors d’une conférence de presse à Lima, au Pérou, première étape d’une tournée de la région pour plaider sa cause face à la Colombie.

“Le président Uribe ne veut pas la paix, il veut la guerre”, a-t-il ajouté. “Si cet acte reste impuni, la région sera en danger, car la prochaine victime pourrait être le Pérou, ce pourrait être le Brésil, le Venezuela, la Bolivie, n’importe lequel de nos pays”.

L’Equateur et le Venezuela ont tous deux envoyé des troupes sur leur frontière avec la Colombie après le raid de samedi en Equateur, qui a coûté la vie au N°2 des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) Raul Reyes. Quito a également rompu ses relations diplomatiques avec Bogota.

“Nous souhaitons résoudre ce différend par des moyens pacifiques et diplomatiques, mais nous sommes prêts à aller aux conséquences ultimes”, a averti M. Correa.

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