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Mars 2008 - Les débuts de la crise en Amérique Latine
Written by admin on 5 mars 2008 – 2:05
Porte-parole des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) et ministre des affaires étrangères de cette organisation d’opposition armée, le commandant Raúl Reyes est mort, le 1er mars, en territoire équatorien (à moins de deux kilomètres de la frontière). Contrairement à ce qu’a affirmé dans un premier temps le président colombien Alvaro Uribe à son homologue équatorien Rafael Correa, il n’y a eu aucun affrontement entre le groupe de guérilleros qui accompagnait Reyes et l’armée colombienne. Ils ont été victimes, pendant leur sommeil, d’une « bombe intelligente » de technologie américaine larguée par un avion ayant violé de dix kilomètres — revenant sur son objectif par le sud — le territoire équatorien. Pénétrant également dans le pays voisin, un commando héliporté a parachevé le travail — le président Correa évoque un « massacre » —, emportant le seul corps de Raúl Reyes, comme un trophée.
Parvenue sur les lieux, l’armée équatorienne a trouvé, dans un campement provisoire, les corps des seize autres guérilleros en pyjama, ainsi que deux guérilleras blessées.
Raúl Reyes appartenait au secrétariat des FARC, l’instance dirigeante de cette organisation. Des sept hommes le composant, il était le plus vulnérable parce que le plus exposé. Ses contacts avec les journalistes et les émissaires négociant la libération des « prisonniers politiques » et des otages de la guérilla l’obligeaient à séjourner régulièrement dans la partie du Putumayo proche de la frontière équatorienne. Aucun service de renseignement, qu’il soit américain ou colombien, ne pouvait l’ignorer. Reyes connaissait les risques et les avait acceptés.
Plus qu’une victoire militaire — Reyes était un cadre politique —, il s’agit là d’un coup très dur porté aux tentatives menées pour résoudre la question de l’échange humanitaire — prisonniers des FARC contre guérilleros — demandé depuis des années par les FARC, les familles des otages, dont celle de la Franco-colombienne Ingrid Betancourt, et de nombreux représentants de la communauté internationale (parmi lesquels le président français Nicolas Sarkozy). Là était l’objectif de cette action.
Alors que le président Uribe refuse obstinément cette négociation, les efforts déployés par la sénatrice colombienne Piedad Cordoba (Parti d’opposition à Uribe, droite) et le président vénézuélien Hugo Chávez (gauche) venaient de porter leurs fruits. Six otages civils ont été libérés unilatéralement et sans conditions par les FARC. Ce geste d’ouverture plaçait en situation difficile Bogotá qui, dans sa logique guerrière, et en phase avec Washington, s’obstine à qualifier les FARC de groupe « terroriste », type d’organisation avec lequel aucun gouvernement ne saurait négocier. Il s’agit également de mettre un terme aux efforts couronnés de succès de M. Chávez — lesquels mettent en évidence, dans cette affaire, la mauvaise volonté du président colombien.
Cette attitude de M. Uribe ne s’est jamais démentie. On rappellera l’arrestation, en janvier 2004, à Quito, du commandant des FARC, Simón Trinidad, au cours d’une opération de la police équatorienne, en lien avec les services de renseignement colombiens et américains. Mandaté par son organisation, M. Trinidad se trouvait à Quito pour y mener des conversations — entre autres avec la France et le représentant des Nations unies James Lemoyne — sur le thème de l’échange humanitaire. Ramené en Colombie puis extradé aux Etats-Unis, M. Trinidad vient d’y être condamné, au terme d’un procès politique, à soixante ans de prison.
De la même manière, et pour les mêmes raisons, le commandant Rodrigo Granda fut enlevé à Caracas, en décembre 2004, par les services colombiens et des gardes nationaux vénézuéliens grassement rémunérés (1).
Outre l’inquiétude qu’elle provoque quant à un dénouement positif pour les « prisonniers politiques » des FARC (on sait Mme Betancourt en très mauvaise santé), le viol délibéré du territoire équatorien par l’armée colombienne provoque une grave crise régionale entre Quito, qu’appuie Caracas, et Bogotá.
Maurice Lemoine
(1) M. Granda a été libéré depuis, à la demande du président Sarkozy. Après un passage par Cuba, il a rejoint la guérilla.
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La mort de Raul Reyes aurait empêché la libération de Betancourt
Written by admin on 4 mars 2008 – 11:26Au milieu de la crise diplomatique à trois, les négociations sur la libération d’Ingrid Betancourt semblent être au point mort. Le président équatorien a affirmé lundi soir lors d’une intervention télévisée que l’attaque colombienne contre le camp en Equateur où le numéro deux des Farc Raul Reyes a été tué avait empêché la libération de la Franco colombienne. “Je regrette de vous annoncer que les conversations étaient assez avancées”, a affirmé le dirigeant.
De son côté, le ministre de l’Intérieur équatorien a nié toute complicité avec la guérilla, répondant ainsi aux accusations de la Colombie. “Nous n’avons pas négocié avec les Farc autre chose que la libération d’Ingrid Betancourt’, a-t-il affirmé. “Tous les contacts avec la guérilla l’ont été pour des motifs humanitaires conjointement avec la France. Quelqu’un accuse-t-il Nicolas Sarkozy de soutenir les Farc?”, s’est-il interrogé. Pour le ministre, la libération de 11 otages, dont Ingrid Betancourt, n’a “pas de contrepartie” et devaient intervenir en mars. L’Equateur a ensuite annoncé la rupture de ses relations diplomatiques avec la Colombie.
Auparavant à Caracas, le ministre vénézuélien de l’Intérieur a lui affirmé qu’Ingrid Betancourt aurait pu “plusieurs fois” être libérée. Il a lui aussi démenti tout lien avec les Farc. “Ils disent de moi que je suis un interlocuteur des Farc, bien sûr que je le suis. Comment pense-t-on que l’on peut obtenir la libération d’otages et que nous ayons été plusieurs fois sur le point d’obtenir qu’Ingrid Betancourt nous soit remise”, a-t-il martelé.
La pression, “point noir” empêchant la libération de Betancourt
Les autorités colombiennes ont accusé lundi le président vénézuélien Hugo Chavez d’avoir financé les Farc, en se basant sur des informations obtenues après le raid de l’armée dans un camp de la guérilla en Equateur. Bogota a ainsi affirmé que le Venezuela avait apporté un financement de 300 millions de dollars aux Farc. Cette information proviendrait de données retrouvées dans l’ordinateur personnel du numéro 2 de la guérilla marxiste.
Raul Reyes a été tué samedi lors d’une incursion de l’armée colombienne dans le nord de l’Equateur, qui a causé la mort au total de 17 guérilleros. “La libération unilatérale de prisonniers a été un succès. Le point noir est l’accroissement de la pression pour libérer Ingrid” Betancourt, avait écrit peu avant sa mort Raul Reyes, dans un courrier électronique adressé au secrétariat de son organisation provenant de l’un des ordinateurs du chef guérillero dont certains messages ont été rendu publics par les autorités colombiennes. Six otages ont été remis ces dernières semaines par les Farc aux autorités vénézuéliennes.
Tags: Colombie, equateur, Farc, Raul Reyes, venezuela
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Daniel Ortega : La Colombie est un danger pour l’Amérique du sud
Written by admin on 4 mars 2008 – 11:14La crise continue entre les différents pays d’Amérique Latine et la Colombie.![]()
Mardi 04 Mars 2008, le président Nicaraguéen Daniel Ortega a condamné avec fermeté l’opération militaire de la Colombie a la frontière équatorienne. “La Colombie est en train de devenir un facteur de déstabilisation et d’insécurité pour les peuples d’Amérique latine“, a dit le président Daniel Ortega.
Le gouvernement Colombien avait Samedi effectué une incursion sur le territoire équatorien pour bombarder et détruire certains membres des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie, tuant Raul Reyes, le porte-parole des FARC, et 16 autres membres.
Tags: Colombie, Daniel Ortega, Farc, Raul Reyes
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